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Les chats d'Angèle

Les chats d'Angèle - Diana Shuman

Ma tante Angèle avait trois chats qu’elle avait nommés Vita, Virginia et Agatha, en référence à des romancières anglaises. Ces trois princesses étaient d’origine modeste, mais elles étaient choyées telles des impératrices. La première, au regard de velours, n’aimait que les caresses et elle montait sur les genoux des visiteurs sans se soucier de savoir s’ils appréciaient sa présence. Fine, presque entièrement blanche à l’exception d’une tache rousse sur la tête, qui lui faisait comme un chapeau, elle avait compris comment se faire aimer par ma tante. Elle la réveillait par des ronronnements, ce qui aurait pu importuner de nombreuses personnes, mais certainement pas Angèle. Cet animal ne supportait pas que les autres chats soient proches d’elle. Autant, elle aimait les humains, autant elle détestait les autres animaux. C’était aussi une terrible chasseuse. Elle ramenait des oiseaux, au grand désespoir de sa propriétaire, et elle laissait des souris à moitié dévorées dans l’allée.

Virginia avait, quant à elle, un charme très différent. Une fois, lorsque je suis allé me présenter à une entrevue d’embauche pour un poste en psychoéducation pour enfants Québec, j’ai rencontré une jeune femme qui me fit tout de suite penser à l’animal de compagnie de ma tante. Elles avaient en commun un port de tête de reine, digne des plus grandes actrices de cinéma, ainsi qu’une façon de se mouvoir avec élégance. Au contraire de la chatte, qui était d’une noirceur d’encre, la jeune femme avait une peau blanche, mais ses cheveux d’un noir corbeau avaient presque la même teinte que la robe de Virginia. J’adorais cet animal, qui nous a beaucoup marqué, non seulement moi, mais aussi toute ma famille. C’était l’amie des chats et des chiens et elle adorait tout autant les hommes et les femmes. D’un caractère doux, elle respirait la bienveillance et la sérénité.

Agatha a été le plus farfelu de tous les animaux de compagnie que j’ai connus. Elle se cachait dans des recoins sombres, et elle aimait se jeter sur les personnes qui passaient près de ses cachettes. Sans griffer, elle attrapait avec ses pattes une jambe ou un bras puis elle partait précipitamment pour aller, de nouveau, se dissimuler dans un placard ou sous une commode. Quand elle avait froid, elle se mettait tout en hauteur, notamment sur les éléments de cuisine. Elle en a fait sursauter, des membres de la famille, lorsqu’elle bondissait du plan de travail pour aller se loger dans sa tour d’ivoire.

 

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Femme, à la fois de tête et de cœur, qui aime discuter de tout et de rien, de l’exceptionnel et de l’ordinaire, du blanc et du noir et pourquoi pas de toutes les nuances entre les deux ! Voilà donc, c’est ce dont j’ai envie de vous livrer de moi.